De plus en plus de femmes pratiquent le wing chun, une technique d’autodéfense variante du kung-fu. Elle leur procure de la confiance en elles face aux difficultés du quotidien.
Parler de wing chun, c’est sans doute du chinois pour vous. Et pourtant. Qui n’a pas vu au moins un film de Bruce Lee, maître absolu des arts martiaux ? Qui ne se souvient pas de sa gestuelle, de ses mains flottant dans tous les sens pour parer une attaque lors de combats rapprochés ? Si le Petit Dragon, son surnom, a démocratisé ce style d’autodéfense venu de Chine dans les années 1970, la légende raconte qu’une femme est à l’origine de sa création.

Vers le XVIIe siècle, Yim Wing Chun aurait été obligée de vaincre un seigneur local pour refuser sa demande en mariage. Une nonne bouddhiste de Shaolin lui aurait alors enseigné l’art du combat et permis d’en finir avec l’insistance de son courtisan. De là serait donc né le wing chun. Cette variante du kung-fu à mains nues consiste à dévier la force de son adversaire plutôt que de la bloquer grâce à des réflexes visuels tout en ripostant rapidement.

Yim Wing Chun a, en tout cas, fait des émules chez les femmes du XXIe siècle. « Dans mes cours, il y en a généralement une dizaine sur un groupe de vingt-cinq personnes, assure Didier Beddar, l’un des maîtres de la discipline, à la tête d’une école de 200 pratiquants dans le XXe arrondissement de Paris. Mais, attention, le wing chun ne pousse pas à la violence, cela reste de l’autodéfense, basée sur la non-force. »

« Pour une femme normale, qui n’a pas une carrure d’homme, c’est idéal », garantit d’ailleurs Lucy, étudiante de 25 ans et pratiquante depuis trois ans. Elle a poussé la porte d’un cours de Didier Beddar à la suite d’une agression qui l’a plongée dans une grosse déprime. « J’ai connu des années d’enfer, confie Lucy. J’ai voulu savoir comment me défendre, et le wing chun m’a appris des techniques qui m’ont rendue plus sûre de moi. Avant, je n’attirais que des gens malveillants. Aujourd’hui, avec la confiance acquise et mon allure plus sereine, je n’éveille plus les mauvais regards qui repéraient le maillon faible que j’étais (sic). Et c’est bien simple, si un jour ça ne va pas, je vais à un cours et tout rentre dans l’ordre après. »

Le wing chun apporte donc aussi une paix intérieure, « une sorte de zen attitude face aux problèmes du quotidien », selon Lucy. Et elle n’est pas la seule à trouver ce bien-être dans cette discipline. Nelly, dessinatrice de 32 ans, se sent « beaucoup moins stressée » depuis qu’elle pratique. « La force en soi est plus réelle et cela apporte de la sagesse », garantit aussi Phareelle, actrice de 25 ans également adepte. Mehdi Benhassen, enseignant à l’école de Didier Beddar, se souvient, lui, de l’histoire d’une femme « en surpoids après avoir été victime de maltraitance plus jeune ». « Elle a non seulement perdu des kilos mais gagné en confiance en elle, au point d’être épanouie », précise-t-il. Alors, mesdames, si le coeur vous en dit…

(source: Le Parisien)

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