Après un pic de popularité durant les années du « Club Dorothée », les aventures de San Goku, Bulma, Vegeta et les autres continuent de fasciner. La sortie en janvier 2018 du jeu très attendu « Dragon Ball FighterZ » n’est que le dernier exemple d’une saga qui renaît sans cesse.
Si vous pensiez que Dragon Ball Z était une série du passé et qu’elle était morte avec les adieux déchirants de Dorothée le 29 août 1997 sur TF1, vous vous trompez. Depuis son introduction en France, la série et son univers se sont considérablement développés.

Très récemment avec la sortie du jeu de combat Dragon Ball FighterZ, l’univers conçu par le japonais Akira Toriyama connaît un énième regain d’intérêt. Le jeu de combat reprend très exactement le style graphique des dessins animés, les personnages cultes de la série initiale et de ses nombreuses suites et des scènes classiques de l’animé. De quoi donner des frissons à quiconque a chantonné (avec Ariane) « Dragon Ball Z, Z, Z, le gentil Sangohan… » quelque part dans les années 90.

Comment une série, pourtant disparue de TF1 il y a plus de 20 ans, continue-t-elle de fasciner le public ?

« Dragon Ball », « Dragon Ball Z », « Dragon Ball GT »…

Dragon Ball, c’est avant tout une saga animée. Avec Goldorak, Les Chevaliers du Zodiaque, Olive et Tom et Sailor MoonDragon Ball a fait naître l’appétence toute particulière du public français pour les créations japonaises. Les Français sont d’ailleurs les premiers consommateurs de mangas après les Japonais, une habitude de consommation qui ne se dément pas.

Cependant, les téléspectateurs ont eu droit à une diffusion particulière. « À l’époque, la série était censurée à cause de sa violence », rappelle Pierre Faviez, responsable éditorial de la chaîne Mangas qui gère une partie du fameux catalogue AB qui a fait la gloire du Club Dorothée. « La censure a donné un non-sens à la série. D’où le nom de ‘japoniaiseries’ (néologisme qui voulait critiquer les narrations sirupeuses de certains animés chargés en bons sentiments, ndlr), Candy puis Dragon Ball Z, ça faisait bizarre, pèle-mêle. Sans compter que la série n’a jamais été diffusée entièrement et dans l’ordre ».

Depuis, celle-ci a été rediffusée des dizaines de fois, sur ABCartoon ou aujourd’hui sur Mangas. Des versions non-censurées et remasterisées qui continuent de faire le beurre de la chaîne qui diffuse 3 épisodes de Dragon Ball et 3 autres de Dragon Ball Z chaque après-midi du lundi au vendredi. Sans compter les prime times les mercredis qui sont trustés par les dizaines de films. « Ça cartonne, c’est increvable parce qu’intergénérationnel », appuie Pierre Faviez.

Mais si vous avez oublié (ou jamais vraiment compris l’intrigue) dans quel ordre (re)découvrir Dragon Ball ? Pierre Faviez nous conseille de suivre la chronologie de la production : Dragon Ball, puis Dragon Ball Z, Dragon Ball GT et enfin Dragon Ball Super. Cette dernière série baptisée Super vient à peine d’être produite en 2015 au Japon et a été diffusée pour la première fois en France en 2017 sur Toonami et NT1. Une nouvelle suite et une nouvelle résurrection pour les personnages d’Akira Toriyama.

Des animés, films, jeux, mangas…

Depuis son arrivée dans les rayons des librairies, la saga Dragon Ball a bénéficié de très nombreuses adaptations sur tout autant de formats. « Dragon Ball a formé et formaté des personnes qui ont grandi puis transmis leur amour pour cet univers à leurs enfants », démarre Benoît Huot, responsable éditorial chez Glénat Manga (qui édite les mangas de la série japonaise en France).

En plus de l’animé, le héros San Goku et ses compagnons ont aussi envahi le monde du jeu vidéo. Depuis 1986 et Dragon Ball: Doragon daihikyo sur la console Epoch, on compte plus de 60 jeux estampillés Dragon Ball. Aujourd’hui, Dragon Ball FighterZ, sorti en 2018 fait le lien le plus direct entre ces univers. De quoi séduire et former toujours plus de fans, sur consoles, mais aussi dans les salles obscures (même si les films DBZ ne sont pas tous des chef-d’œuvres), sans oublier les mangas, là où tout a commencé.

« Dragon Ball fait partie de la pop culture et c’est une licence exploitée sur de nombreux supports comme les animés et les jeux vidéo. On a démultiplié l’intérêt pour les personnages en démultipliant les entrées dans cet univers« , poursuit Benoît Huot avant de souligner : « Il n’y a pas d’effet culte ou de nostalgie pour les jeunes générations, mais véritablement un côté trans-générationnel« .

Ce côté culte est aussi amplifié par une proposition permanente des chaînes et boutiques. Les premières diffusent et rediffusent sans cesse en attendant une éventuelle suite. Les rayons mangas des librairies comptent toujours des dizaines de volumes disponibles en permanence. Le mythe se nourrit de lui-même.

À chacun son personnage

Entre Dragon Ball et Dragon Ball Z, le personnage principal de San Goku devient père. A travers toute la saga, de nombreux personnages existent sur différentes lignes temporelles. On suit les aventures d’enfants, d’adolescents, d’adultes et de quelques personnes âgées et androïdes sans âge. Rares sont les œuvres destinées à la jeunesse et dont les héros grandissent. Dragon Ball pousse même l’intrigue de ses personnages jusque dans l’au-delà. Cette variété a permis d’étendre l’audience initiale de la série et d’offrir différents niveaux de lecture et d’identification des fans.

La galerie de personnage extrêmement variée de la série a aussi grandement participé au succès de la série.

Le public masculin, qui est traditionnellement la cible principale des « shonen » (manga pensé pour des jeunes hommes par opposition au « shojo »), pouvait aisément choisir parmi une foule de combattants aux muscles disproportionnés : San Goku (le héros), Sangohan, Sangoten, Piccolo, Krilin, Vegeta, Trunks, Buu, etc… Si elles sont moins nombreuses et souvent exclues des combats, de nombreux personnages féminins cultes ont pu élargir le public : Bulma, C-18, Chi-Chi ou Videl sont quelques exemple. À chacun son ou sa préféré(e).

« Certes les jeunes ont pu s’identifier aux nombreux personnages un peu comme un autre grand succès de l’époque : Les Chevaliers du Zodiaque« . Mais plus que les héros, les méchants ont joué un rôle prépondérant dans le succès de la franchise.

Les héritiers ?

Le style graphique d’Akira Toriyama, que les joueurs peuvent contempler dans la saga vidéoludique des Dragon Quest, n’a pas véritablement d’égal. Reconnaissable entre mille, il se distingue autant de la masse que les œuvres du collectif féminin CLAMP (Card Captor Sakura qui a aussi droit à sa série animée), de Kentaro Miura (Berserk) ou des studios Ghibli (Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro…).

Le véritable pouvoir de Dragon Ball aura été d’être une saga familiale, massive, multi-plateforme, longue et feuilletonante. Aujourd’hui, il n’existe pas beaucoup de séries qui peuvent se targuer d’avoir des telles existences. Pokémon connait un succès qui ne se dément pas avec une quête initiatique, des jeux vidéo (qui sont à la source de cet univers) et des réadaptions fréquentes. La série Yu-Gi-Oh! avec ses duels de cartes, ses emprunts à l’Égypte ancienne et ses personnages colorés a aussi connu un vaste succès.

Mais il n’y a qu’une seule série qui peut honnêtement se comparer à Dragon Ball et oser imaginer rester dans les esprits pour les décennies à venir : Naruto. « Naruto, c’est inspiré de Dragon Ball. On retrouve tous les ingrédients : la quête initiatique, le héros jeune qui grandit et auquel on peut s’identifier », tranche Pierre Faviez.

Il est vrai que la série compte désormais 72 tomes de mangas, 220 épisodes de 25 minutes pour la série originelle et 500 épisodes d’une durée proche pour la suite Naruto Shippuden. Comme pour Dragon Ball, la série s’est aussi exportée sur les consoles et dans les magasins de jouets avec des centaines de produits dérivés. Le jeune ninja aux cheveux jaunes pourrait bien être l’héritier de San Goku.


(source : rtl.fr)

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